LES JOUTES NAUTIQUES

La joute nautique de méthode languedocienne, est un sport pratiqué dans huit villes de l’Hérault (Béziers, Agde, Marseillan, Mèze, Balaruc, Frontignan, Sète[1], Palavas) et dans une ville du Gard (Le-Grau-du-Roi). La méthode languedocienne est une des cinq variantes de joute nautique reconnues par la Fédération Française de joutes et de sauvetage nautique.

Deux barques lourdes, l’une dite « la rouge » et l’autre dite « la bleue », sont propulsées par huit à dix rameurs et guidées par deux barreurs, les « timoniers patrons ».

Les compétiteurs appelés « jouteurs » sont positionnés sur une plate-forme se situant à près de trois mètres de l’eau, à l’extrémité de chaque barque. Cette plate-forme porte le nom de tintaine, sur sa partie basse, se tiennent les jouteurs des prochaines joutes.

Les deux barques se faisant face, se propulsent l’une vers l’autre, jusqu’à l’impact final. Au moment de l’assaut, les deux bateaux se frôlent par la droite, permettant aux jouteurs de réaliser la passe.

Munis de leur lance et du pavois, ils doivent faire tomber l’adversaire à l’eau.

Le jouteur en position d’assaut est solidement encré sur la tintaine en position de fente-avant afin de résister au choc et à la poussée exercée par la lance adverse sur son pavois.

Il s’agit d’une joute en force, d’autant que le jouteur porte d’un côté un lourd pavois[2] et de l’autre main une lance[3].

La tenue vestimentaire des jouteurs est composée d’un pantalon, d’une chemise, de chaussettes et de chaussures blanches. Seule une marinière à rayure bleue ou rouge, portée sous la chemise, distingue les deux camps.

La musique est omniprésente à l’occasion des joutes languedociennes jouée par une peña, chargée de ponctuer les exploits des jouteurs, tandis que les rameurs ont droit à deux musiciens embarqués, un hautbois traditionnel du Languedoc et un tambour[4], assis à la proue de chaque barque, donnant la cadence aux rameurs.

Traditionnellement, on fait remonter l’histoire et l’origine languedocienne des joutes nautiques, au XIIIe siècle, quand en 1270, à Aigues-Mortes, les croisés, soldats et marins, attendant l’embarquement pour la Terre Sainte avec le Roi Louis IX, s’affrontaient au combat singulier, montés sur des embarcations légères.

En 1544, le Conseil de la ville d’Agde, aurait élaboré un règlement faisant état de l’organisation de joutes pour les fêtes de la Pentecôte, malheureusement introuvable.

Un tournoi de joutes nautiques a été offert à la vue du cardinal de Richelieu pour sa venue à Frontignan au mois de juillet 1629.

Le 29 juillet 1666 pour célébrer la fondation du port de Sète, des joutes y sont données pour la première fois.

En 1745, le Roi Louis XV assiste à un tournoi de joutes à Sète à l’occasion de la fête patronale de la Saint Louis…

Il existe sur Agde deux sociétés de joutes nautiques :

La SNJA « société nautique des jouteurs agathois[5] » et « le Pavois agathois[6] ».


[1] Compétitions et clubs :

L’épreuve Reine est le tournoi de la Saint Louis à Sète  le long du canal Royal (autour du 25 août) depuis 1743, mais un championnat de France (depuis 1941) et une coupe de France (depuis 1962) existent également dans quatre catégorie de poids et d’âge : lourds, moyens, juniors et séniors.

Les jouteurs languedociens représentent ¼ des licenciés en France. Aujourd’hui sont décernés à chaque saison des prix individuels, de la meilleure société de joutes par catégorie et toutes catégories confondues.

Sète tient une place centrale dans ce sport avec 7 sociétés et une école de joute, puis viennent Agde, Mèze et Saint Raphaël (Var) avec deux sociétés. 

17 sociétés de joutes (clubs) participent au championnat de Ligue de 2008.

[2] Pavois (= Bouclier très lourd en bois, mesurant 70cm de haut sur 40cm de large). Avant 1920 les pavois étaient 20cm plus haut et surtout plus lourds.

[3] La lance mesure 2,80m de long

[4] Appelé tambournet

[5] SNJA, maison des joutes, 31 rue Danton, 34300 AGDE. Président Hubert MONTELS.

[6] Le pavois agathois, 8 rue Léo Lagrange, 34300 AGDE. Président Franck LEBIHAN.