LE CANAL DU MIDI

Le Canal Royal des deux Mers traverse Agde d’ouest en est, depuis le pont Saint-Joseph[1], Il emprunte ensuite le Port d’Agde et l’écluse ronde[2], le Canalet bas, le canalet haut, puis, après la traversée du fleuve, l’écluse et le pont de Prades, le pont de Saint-Bauzély, l’écluse et l’épanchoir du Bagnas et au-delà, le pont et l’embouchure des Onglous, dans l’étang de Thau.

Le passage du Canal par Agde n’était initialement pas prévu. C’est à la suite de la réunion d’une commission d’experts en 1664, chargée d’étudier la possibilité du futur canal, que les choses évoluent. En effet, la robine de Narbonne comme le port de La Nouvelle s’avérant peu praticables et le chevalier de Clerville venant de décider la création d’un nouveau port à Sète, un nouveau terrain allant jusqu’à l’étang de Thau et passant par Agde est examiné. Les travaux s’engagent en 1667 dans le Haut Languedoc ; la section de Béziers à l’étang débute quant à elle en différents points le 13 février 1671, en particulier près d’Agde, du côté du pont de Saint-Bauzély. Au départ, l’écluse ronde est absente du projet : les barques venant de Béziers devaient, à l’origine, entrer directement dans l’Hérault, en amont de la “Pansière”, ancien barrage aménagé sur l’Hérault au niveau du Moulin des Evêques, puis remonter le fleuve et reprendre le Canal vers l’étang de Thau et Sète. Mais suite à de violentes crues du Libron et de l’Hérault au cours de l’hiver 1675, qui mettent à mal les talus réalisés, Riquet décide la construction d’une écluse sur Agde.

L’écluse ronde, un ouvrage unique sur le Canal…

Achevée en octobre 1676, l’écluse ronde d’Agde, d’un diamètre de 29,2m pour une profondeur de 5,2m, est unique en son genre sur le Canal du Midi. De par sa forme, cet ouvrage, qui est inscrit Monument Historique depuis le 29 août 1996, est en effet une réussite à la fois architecturale et technique, puisqu’elle réunit trois niveaux d’eau :

  • le Canal lui-même, qui mène à Béziers.
  • le Canalet haut, qui débouche en amont de la “Pansière” et permet de rejoindre l’étang de Thau et Sète ;
  • le Canalet bas, qui rejoint l’Hérault en aval de la “Pansière” et permet de gagner la mer Méditerrranée via l’embouchure du fleuve.

Légèrement modifiée dans les années 80, l’écluse a perdu sa “rondeur” initiale lorsque le béton est venu remplacer le basalte. Aujourd’hui, bien qu’ovale, elle a gardé son appellation d’écluse ronde.

L’Hôtel Riquet

Non loin de l’écluse, de l’autre côté de la route, se trouve l’Hôtel Riquet. Ce bâtiment, aujourd’hui en cours de restauration, hébergeait les Services de l’Administration du Canal. Construit vers le milieu du XVIIIe s., c’est le seul édifice de cette qualité à avoir été construit sur le Canal.

A deux pas, en bordure de la route de Bessan, se trouve l’ancienne chapelle, devenue depuis une demeure privée abritant des chambres d’hôtes. Construite en basalte, celle-ci a permis aux voyageurs, et ce jusqu’au début du XXe s., d’assister aux offices. De ce passé religieux, subsiste encore un campanile, aujourd’hui dépourvu de cloche. Sur la clé du portail à arc en anse de panier, on peut lire la date de 1773.

Le Canalet

Ce “petit canal” en occitan assure depuis 300 ans la liaison entre l’Hérault et le Canal du Midi. A son débouché sur le fleuve, les eaux de l’Océan se mélangeaient, disait-on, avec celles de la Méditerranée. Raison pour laquelle on peut encore voir à cet endroit deux piédestaux vides qui étaient destinés à recevoir les statues allégoriques de l’Océan et de la Méditerranée… lesquelles ne furent jamais réalisées…

Un port fluvial sur le Canal

Afin de faire d’Agde une halte incontournable sur le Canal du Midi, et profiter d’un tourisme fluvial aujourd’hui en plein essor, la Ville souhaite développer l’actuel port fluvial situé face à l’Hôtel Riquet. Le Canalet, le parc de Belle Isle, le château Laurens, l’Hôtel Riquet et l’écluse ronde participent en effet à un environnement d’une très grande richesse, devant contribuer à faire d’Agde une étape majeure sur le Canal du Midi.

Le projet prévoit l’extension de la darse de 6.000 à 18.000 m2 afin de pouvoir accueillir, à terme, 156 bateaux, la création d’un parc paysager, le réaménagement des berges, la réalisation d’une capitainerie et d’une zone technique, ainsi que d’une station de pompage des eaux grises, enfin le traitement de l’environnement de l’écluse ronde et la création d’une piste cyclable sur berge.


[1] Inscrit Monument Historique en 1997

[2] Inscrite Monument Historique