FORT DE BRESCOU

Au large du Cap d’Agde[1], l’îlot de Brescou est la seule île de la côte languedocienne et de surcroît, la dernière partie immergée de l’ancien volcan sous-marin d’Agde.

D’une superficie de 2,72 hal’île de Brescou et le fort (5.000 m2), sont inscrits au titre des Monuments Historiques depuis 1996, propriété de la ville après cession de l’Etat en 2005.

En 2008, le site est classé ZPS Natura 2000, protégeant les fonds marins particulièrement riches en faune et flore méditerranéenne, dont les posidonies sont les plus représentatives. Le site parsemé d’éperons rocheux, est connu pour être une passe difficile et présente de nombreuses épaves, dont la collection des pierriers de Brescou du XVIIe s[2].

Un premier fort sommaire y est construit par le Vicomte de Joyeuse en 1586, dans le contexte des Guerres de Religions ; mais il ne résistera pas à la révolte de Montmorency en 1632. Par lettre patente du 1er octobre 1632, le roi ordonne la destruction totale du fort. Son salut viendra du cardinal de Richelieu qui voit dans ce site, le lieu parfait pour l’installation d’un grand port militaire au fond du Golfe du Lion. Le fort est entièrement reconstruit dans les années 1680 d’après les plans de Vauban. La mort du cardinal en 1642, sonnera le glas pour ces grands travaux, seul témoin de cette épopée la digue Richelieu prémisse du port. 

Le fort de Brescou devient prison d’Etat au XVIIIe s. Il accueille des prisonniers jusqu’au milieu du XIXe s. à la fois protestants, libertins de l’époque ou révolutionnaires. La population du fort pouvait atteindre 200 personnes entre les prisonniers, les soldats et le personnel.

La prison est fermée en 1851.

Un second phare est construit en 1836 à côté de la tour du vieux fanal XVIe s., il est rehaussé en 1901 pour atteindre 12 m. En 1889, le fort jusqu’alors terrain militaire, est déclassé et attribué au service des Ponts et Chaussées. Un gardien vivait (avec sa famille) dans l’ancienne maison du gouverneur jusqu’en 1989, date à laquelle le phare est automatisé.

Il subsiste aujourd’hui, des éléments architecturaux de ce riche passé, derrière ses hauts remparts : la tour du vieux fanal, le logis du gouverneur, deux citernes, la caserne, l’arsenal mais aussi les traces de l’ancienne chapelle, du petit cimetière, la boulangerie, le sellier et deux phares.

Le plan se compose de quatre bastions saillants et d’une muraille irrégulière, épousant le relief de l’îlot. L’unique entrée du fort est aménagée côté nord par une zone en redans dite luneton donnant sur une plage. Un chemin de ronde est aménagé sur les remparts, et cerne les différentes bâtisses du fort.


[1] L’îlot de Brescou se situe à 1,5 Km de la côte

[2] Cargaison de fusils, mousquets, tromblon, pierriers en fonte de fer et en bronze aux armes de Louis XIII. Collections présentées au musée de l’Ephèbe